La contraception orale par pilule combinée œstroprogestative 2/2

Auteur : Dr Annick JAMES-DEIDIER

Cet article clôture le dossier consacré aux différentes méthodes contraceptives. Il présente les effets potentiellement indésirables des pilules œstroprogestatives et les précautions à prendre avant de faire le choix de cette contraception.

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Choisir sa contraception : 1re partie  – 2e partie - 3e partie
La contraception orale par pilule combinée œstroprogestative- 1re partie

Quelle pilule pour quelle femme ?

Une femme avertie en vaut deux

Bien connaître les effets indésirables, c’est se permettre d’orienter son choix, avec son médecin, vers telle ou telle pilule. C’est aussi, et surtout, apprendre à les gérer afin qu’ils ne soient pas responsables d’une interruption de traitement et d’un risque de grossesse non désirée.

Effets indésirables les plus fréquents

Nausées, tension mammaire, maux de tête, prise de poids, acné, troubles des règles, fatigue, jambes lourdes… sont bénins et variables d’un contraceptif oral à l’autre et d’une femme à l’autre. Ils doivent être gérés avec le médecin prescripteur et ne doivent pas motiver l’interruption du traitement. Ils peuvent entraîner la nécessité de l’essai d’une autre pilule et c’est l’intérêt d’avoir un large choix de prescription.

Autres effets indésirables

Les effets indésirables graves sont très rares mais ils existent, en particulier les accidents thombo-emboliques artériels (accident vasculaire cérébral ou infarctus du myocarde, d’autant plus rares que la femme est plus jeune) ou veineux (embolie pulmonaire, phlébite).

Aucun œstroprogestatif n’est exempt de ce type de risque, mais des études ont montré que ceux de troisième génération ou de quatrième génération augmentent l’importance de ce risque et peuvent même le doubler. Le tabagisme aggrave encore ce facteur de risque et il est important d’en tenir compte.

Un geste de précaution : 2e génération pour la 1re pilule

Au regard de ce qui précède, il est maintenant recommandé de prendre d’abord une pilule de deuxième génération si l’on souhaite une contraception orale par combinaison œstroprogestative.

Ces accidents restant tout de même rares, il n’y a pas d’urgence majeure à modifier le traitement et il n’y a pas lieu de l’interrompre avant d’avoir revu le médecin prescripteur pour décider du nouveau traitement à prendre ou du changement de méthode contraceptive. La survenue d’une grossesse non désirée serait plus grave que le risque de la pilule.

Les pilules de troisième génération ne seront déremboursées qu’en septembre 2013. La pilule type Diane 35 µg comporte les mêmes risques thrombo-emboliques que les pilules de 3° génération.

Prescription de pilules de 3e ou 4e génération : quel intérêt ?

Les effets indésirables considérés comme mineurs sur le plan médical sont les plus fréquents et aussi ceux qui procurent le plus d’inconfort aux femmes : les maux de tête, les nausées, la prise de poids, les jambes lourdes etc. Or les pilules de 3e et 4e génération sont censées être mieux tolérées sur ce plan-là que celles de 2e génération, d’où la fréquence de leur prescription. La connaissance d’une survenue plus fréquente des accidents vasculaires graves est relativement récente et c’est la raison pour laquelle il est maintenant recommandé de commencer par une pilule de 2e génération, dont la tolérance globale reste très bonne et l’efficacité identique, pour diminuer les risques d’accidents graves.

Tabac et pilule : danger

Quelques recommandations utiles au quotidien

  • Eviter le tabac, car l’association pilule-tabac augmente les risques d’accidents vasculaires.
  • Prendre sa pilule tous les jours si possible à heure fixe au coucher, pour ne pas l’oublier.
  • Ne pas interrompre le traitement sans avoir recours à une autre méthode de contraception.
  • Ne pas attendre plus de 7 jours entre 2 plaquettes de 21 comprimés.
  • Toujours commencer par le même jour de la semaine pour s’en souvenir.
  • En cas d’oubli, prendre la pilule oubliée le plus rapidement possible, le matin au réveil par exemple. Ne pas dépasser 12 heures de décalage, sinon associer une méthode physique de contraception. Ne pas décaler le reste du traitement qu’il faut continuer normalement.
  • En cas de vomissements après la prise de la pilule, celle-ci peut ne pas avoir été absorbée ; il est donc recommandé de prendre la pilule suivante le même jour, dès que possible après l’arrêt des vomissements.
  • En cas de voyage prolongé en avion, penser à boire fréquemment de l’eau, quitter sa place aussi souvent que possible pour se dégourdir les jambes et si nécessaire, mettre des bas de contention pendant le voyage.

Une palette variée pour faire le meilleur choix

Les méthodes contraceptives mises à disposition sont actuellement nombreuses et suffisamment différenciées pour faire le choix le mieux adapté à chaque cas particulier.

Chaque méthode présente ses avantages et ses inconvénients et seule une discussion éclairée avec le médecin prescripteur permettra de choisir en toute connaissance de cause selon le contexte. Lorsque le traitement par oestroprogestatif est choisi, il est recommandé de commencer par une pilule de 2e génération. Dans les mois à venir on devrait voir les prescriptions de pilules de 3e ou 4e génération diminuer pour n’être réservées qu’à des cas particuliers évalués en toute connaissance de cause. Jusqu’à ce que des études mieux étayées permettent de tirer une conclusion définitive sur l’appréciation du risque.

Dr Annick JAMES-DEIDIER